Toprak Razgatlioglu, managé par Kenan Sofuoglu, a marqué un grand coup lors de l’ouverture européenne du Championnat du Monde Superbike 2025 à Portimao. Après un début de saison compliqué à Phillip Island (20 points face au triplé de Nicolo Bulega), le Turc a répondu en patron : pole position record, trois victoires arrachées au couteau face à une concurrence Ducati féroce. Sans son châssis spécial Super Concession – qui lui avait offert 13 succès d’affilée et 18 au total en 2024 –, le pilote BMW a dû puiser dans tout son talent pour dompter Bulega sur l’un de ses circuits favoris. Avec 60 victoires en carrière, il dépasse désormais Carl Fogarty (59) et s’affirme comme une légende vivante du WSBK. Mais au-delà de ses exploits, c’est son avenir qui fait jaser.
Avec un triplé magistral à Portimao, Toprak Razgatlioglu a signé son retour au premier plan du championnat du monde Superbike. Pole position, trois victoires en trois courses, et surtout une démonstration de pilotage face à un Nicolo Bulega en grande forme sur la puissante Ducati officielle. Le pilote turc a rappelé à tous pourquoi il est l’un des talents les plus explosifs du monde des sports mécaniques.
Mais au-delà de la performance pure, l’avenir de Toprak est devenu un sujet brûlant. Depuis plusieurs jours, les rumeurs l’envoient vers le MotoGP, avec un éventuel contrat signé avec Honda pour 2026. Une information aussitôt démentie par l’intéressé, qui l’a tournée en dérision : « je ne sais pas qui a lancé ça. Même mon frère m’a appelé pour vérifier. C’était drôle, mais c’est faux. »
Libre en 2026, Razgatlioglu reste pourtant une cible de choix. À 28 ans, il aborde une phase charnière de sa carrière. Son contrat avec BMW expire fin 2025 et le constructeur bavarois compte sur lui pour remporter enfin un titre mondial qui se refuse à la marque depuis son arrivée en WSBK.
Kenan Sofuoglu : « je dirais qu’il y a 50 % de chances de voir Toprak en MotoGP à l’avenir »
Mais les ambitions de Toprak vont au-delà du Superbike. Et son manager, Kenan Sofuoglu, ne le cache pas sur Speedweek : « pour le moment, rien n’est décidé. Nous sommes concentrés sur le championnat Superbike avec BMW. Mais les choses vont s’accélérer bientôt. Il a deux options pour aller en MotoGP. Je dirais qu’il y a 50 % de chances de voir Toprak en MotoGP à l’avenir. »
Le timing ne doit rien au hasard. En 2027, le MotoGP vivra une révolution technique : passage aux moteurs 850cc, aérodynamique réduite, aides électroniques limitées, et surtout changement de fournisseur de pneus – Michelin cèdera la place à Pirelli, que Toprak connaît parfaitement. Une transition qui pourrait niveler les écarts et offrir à un pilote comme Razgatlioglu une opportunité rare d’entrée dans la catégorie reine avec des cartes redistribuées.
Mais Sofuoglu est catégorique : seule une équipe d’usine est envisageable. Exit donc les structures satellites comme Tech3, Pramac, LCR ou TrackHouse. Et inutile de rêver à une Ducati VR46 ou Gresini, qui ne semblent pas intéressées. Or, neuf des dix guidons d’usine sont déjà verrouillés jusqu’en 2026. Le seul point faible ? Luca Marini chez Honda, en contrat jusqu’à fin 2025. Une fenêtre étroite… mais bien réelle.
Pendant ce temps, BMW se battra pour garder son joyau, surtout après avoir vu la différence criante entre Razgatlioglu et son coéquipier Michael van der Mark (82 points contre 26). Sans Toprak, la marque allemande perdrait son unique argument de poids face aux géants Ducati, Yamaha ou Kawasaki.
L’avenir de Razgatlioglu ? Il s’écrit désormais en lettres incertaines. Mais une chose est claire : qu’il reste en Superbike ou qu’il tente enfin le grand saut vers le MotoGP, le pilote turc ne veut plus perdre de temps. Il est prêt pour le sommet. Reste à savoir si les portes s’ouvriront.