Nouveau week-end, nouvelle prestation magnifique de Fabio Di Giannantonio. Je crois fermement que ce pilote peut faire trembler les favoris cette saison, bien que je sois un peu biaisé par l’admiration que je lui porte. Oui, il s’agit de l’un de mes préférés, et oui, vous commencez à le savoir. Mais il n’empêche qu’il reste un poison, voici pourquoi.
Une qualité disparue
Pourquoi j’aime autant Diggia ? Pourquoi je pense qu’il peut devenir une menace en 2025 ? Une seule réponse convient à ces deux questions : ses dépassements. Je désirais commencer par ce point, car c’est vraiment ce qui le caractérise. À Austin, il nous a encore gratifiés de l’un des plus beaux dépassements du week-end, dont vous pouvez vous délecter ci-dessous.
À l’heure des blockpass, les fins pilotes se font de plus en plus rares. Tous admettent qu’il est plus difficile de doubler proprement à cause de l’aéro, entre autres facteurs. Pourtant, des hommes comme Diggia nous prouvent constamment qu’il est possible de se faufiler en beauté, de préparer une attaque, de la placer, et d’empêcher son vis-à-vis de répondre. C’est magnifique à voir.
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— MotoGP™🏁 (@MotoGP) March 31, 2025
Cette science du pilotage lui permet de se projeter rapidement vers l’avant, de créer des différences et d’occuper de meilleures positions en piste, ce qui est crucial à notre époque. Il est bien plus difficile de punir un pilote moins rapide devant soi qu’auparavant. Au-delà de cet aspect pratique, ceci lui permet de créer une pression psychologique importante sur son adversaire. Si un pilote voit « #49 +.3 » sur son panneau, cela veut dire qu’il doit s’attendre à une attaque prochaine, et parfois, quelque chose d’imparable, de surprenant. J’ai encore en tête ce bijou sur Johann Zarco à Valence en 2023. C’est un peu comme voir « Binder + .4 », mais de l’autre côté du spectre.
Un mental à toute épreuve
Comment ne pas féliciter sa détermination à Austin ? Encore une fois, après un Sprint moyen, il a déclaré qu’il pouvait monter sur le podium le lendemain. Ce n’était pas ridicule, après tout, vu qu’il s’était brillamment classé deuxième lors des qualifications – il était même le seul à inquiéter Marc Marquez au chrono.
Le dimanche, son épaule douloureuse lui fit souffrir le martyre, mais il parvint à s’accrocher à cette troisième place tant désirée : son premier podium validé depuis sa victoire au Qatar en 2023. C’est paradoxal et ça m’a choqué à la lecture de ses propos. D’un côté, il disait qu’il ne savait même pas s’il allait arriver au bout tant il était épuisé. De l’autre, en piste, on le voyait se rapprocher dangereusement d’Alex Marquez, le clair deuxième meilleur pilote actuel ! On a l’impression que plus il a mal, plus il va vite.

A star and stripes. Photo : Michelin Motorsport
Et puis, cette célébration. La fierté au moment de faire le populaire « I’m back », la joie dans le parc fermé, la personnalité électrique et passionnée qui s’exprime. C’est difficile de ne pas l’aimer ; et avec un tel caractère, j’aimerais le voir se bagarrer plus souvent contre les Marc Marquez et autres Bagnaia.
Un contexte favorable
Si l’on évoque ses forces, on doit parler de sa moto. Il bénéficie de la même Ducati Desmosedici GP25 que les pilotes d’usine, donc elle est susceptible d’évoluer rapidement. Dall’Igna évoquait Jerez pour les premières améliorations sur le millésime de cette année, quand la moto d’Alex Marquez, elle, restera sans doute à ce – très bon – niveau de performance toute l’année durant.
À mesure que la saison avancera, sa moto sera meilleure, et il se rétablira progressivement, sauf en cas de nouvelle blessure. Tout ceci mène à un contexte favorable, surtout que des circuits sur lesquels il s’est illustré par le passé vont arriver. Je pense à Assen, à la Catalogne, ou à Brno, où il prit sa première victoire en carrière. Sans même évoquer cette tournée outre-mer où il se réveilla fin 2023, contraint de se faire un nom pour que son rêve perdure.
Conclusion
Pour ces trois raisons, je vois Di Giannantonio devenir l’un des pilotes les plus en vue du championnat MotoGP. Il ne peut pas encore inquiéter Alex Marquez, notamment car il n’est pas au niveau de ses prétentions en qualifications. C’est un problème, mais pas insolvable, en témoigne sa prestation au Texas. Je crois en lui, et j’espère qu’il continuera à égayer nos après-midi avec des attaques dont lui seul a le secret.
Que pensez-vous de Fabio Di Giannantonio ? Dites-le-moi en commentaires !
Fabio Di Giannantonio, avec son mental, sa science de la course et sa moto, peut narguer les favoris en 2025. Mais comment ?

Morbidelli prend sept secondes dans la vue. Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport