L’histoire de Ducati en Grands Prix est aussi passionnée que tumultueuse; une vraie histoire d’amour à l’italienne !
Après avoir frôlé un premier titre en 125cc en 1958, perdu au nombre de victoires, la firme de Borgo Panigale se retire du Championnat du monde fin 1959. Elle n’y revient qu’en 2003, après avoir remporté nombre de succès en Superbike, ce qu’elle continue à faire aujourd’hui.
En 2003, Troy Bayliss, Champion WorldSBK avec Ducati en 2001, et Loris Capirossi, furent désignés pour faire briller la GP3 caractérisée par un moteur en V à 90° et des soupapes desmodromiques. Neuf podiums et la seule victoire « non Honda » de la saison propulse la marque italienne second au Championnat du monde. Difficile de faire plus beau retour !
La saison suivante, la GP4 s’avère moins performante et Ducati rétrograde d’une place, derrière Honda et Yamaha, avec seulement deux podiums en fin de saison, au milieu d’une multitude d’abandons.
En 2005, Carlos Checa remplace Troy Bayliss . Ducati choisit de passer sur Bridgestone et y reçoit un accueil privilégié. Les résultats reviennent, avec trois pole positions, deux victoires et quatre podiums. Au classement des constructeurs, les rouges finissent de nouveau 3e, derrière Yamaha et Honda.
2006 voit Sete Gibernau rapidement remplacer Carlos Checa au guidon d’une GP6 à l’aérodynamique plus développée et propulsée par un nouveau moteur. Capirossi prend le commandement du Championnat mais une chute des deux pilotes lors du premier tour à Barcelone vient enrayer la belle mécanique; entre blessures et forfaits, seul Troy Bayliss, appelé en remplacement, parvient à offrir une victoire à Ducati en s’imposant à Valence devant Capirossi. Pourtant bien parti, Ducati se classe de nouveau 3e derrière Honda et Yamaha.
En 2007, Casey Stoner rejoint Capirossi sur la GP7. Le passage aux 800cc a été bien anticipé par Filippo Preziosi et le pilote australien s’avère tout de suite imbattable. Avec 10 victoires en 18 courses, complétées par un succès de Capirossi au Japon, Stoner apporte le titre mondial à Ducati, devant Honda (2 victoires) et Yamaha (4 victoires). On le sait, ce titre reste le seul jusqu’à aujourd’hui.
En 2008, Stoner inscrit encore 6 victoires mais l’arrivée de Marco Melandri en place de Loris Capirossi (un seul Top 5) pénalise Ducati qui s’incline devant Yamaha et ses 10 victoires.
La GP9 adopte un moteur porteur en 2009, sur lequel sont greffés des structures en carbone. Stoner remporte quatre victoires et quatre podiums mais se voit contraint de faire l’impasse sur trois Grands Prix en milieu de saison pour des raisons de santé. Nicky Hayden ne réalise qu’un seul podium et Ducati rétrograde d’une place, derrière Yamaha (10 victoires) et Honda (3 victoires).
Les pilotes demeurent inchangés en 2010 mais, de nouveau, seul Stoner réussit à inscrire 3 victoires en fin de saison. Ducati conserve sa 3e place derrière Yamaha (11 victoires) et Honda (4 victoires).
Valentino Rossi arrive en 2011 pour remplacer Casey Stoner parti chez Honda, mais la GP11 s’avère rapidement particulièrement peu compétitive. Un seul podium par pilote sera inscrit au tableau de chasse et Ducati termine de nouveau 3e derrière Honda et Yamaha.
2012 : Alors que les MotoGP reviennent en 1000cc, Ducati adopte un châssis périmétrique en aluminium à la demande de Valentino Rossi. Le progrès est réel mais encore trop faible et le pilote italien n’inscrit que deux podiums, laissant inchangée la sempiternelle 3e position du constructeur transalpin au championnat.
2013 voit Andrea Dovizioso rejoindre les rangs de Ducati aux côtés de Nicky Hayden. En terminant respectivement huitième et neuvième du Championnat, les deux pilotes Ducati n’inscrivent aucun podium. C’est la période la plus difficile pour Ducati qui ne doit alors de conserver sa 3e place au championnat qu’à la multiplicité des CRT (ART, FTR, Ioda, etc). Des mesures sont prises et Luigi Dall’Igna est embauché pour diriger Ducati Corse.
2014 voit les premiers travaux porter leurs fruits avec l’arrivée des GP14 et GP14.2. Mais si Andrea Dovizioso fait preuve de constance, avec deux podiums, une pole position et de nombreux Top 5, Cal Crutchlow chute beaucoup et n’inscrit qu’un podium. Au final, Ducati reprend de la marge sur ses poursuivants et inscrit 211 points, mais conserve son éternelle 3e place.
2015 démarre sur les chapeaux de roues au Qatar avec la 2e place de Dovizioso et la 3e de Andrea Iannone, fraîchement recruté. Dovizioso continue sur sa lancée aux USA et en Argentine mais enchaîne une série d’abandon à partir du Mugello où Iannone termine 2e. La Ducati, équipée d’ailerons, est nettement performante que par le passé, mais, malgré un moteur surpuissant, toujours moins que les Yamaha et les Honda. De nouveau 3e…
2016 : Une nouvelle 2e place de Dovizioso marque la première course de la saison mais Iannone vient enrayer la mécanique italienne en Argentine avec l’harponnage que l’on connaît. Dovizioso enchaînera alors 3 abandons sur les 5 qu’il connaîtra cette année, augmentant d’autant les 6 subis par son coéquipier. C’est trop pour que Ducati ne bouge de sa 3e place, même si les hommes de Bologne ont démontré la compétitivité de la GP16, avec 2 victoires et 7 podiums. 3e au championnat, devant une marque qui monte vite, Suzuki.
Malgré sa puissance financière et technique, le bilan n’est donc pas excellent pour le troisième constructeur européen (en chiffre d’affaires derrière BMW et KTM): un seul titre mondial depuis la création des Grands Prix en 1949, ce qui le place au niveau d’AJS et Zündapp toutes catégories confondues, ou au 7e rang si l’on ne considère que la catégorie reine.
Nous n’aurons pas la prétention d’en comprendre les raisons, mais l’argent est là, les meneurs d’hommes sont là, les ingénieurs sont là et le savoir-faire technique italien n’est plus à prouver.
Pour 2017, on a recruté un des Fantastic Four à prix
d’or et on essaie de lui adjoindre celui dont le seul nom fait
encore rougir de plaisir les rouges…
Dans ces conditions, Jorge Lorenzo pourra-t-il être l’élément
catalysant de cette formidable alchimie et en récolter les fruits
?
A votre avis ?