Pedro Acosta traverse une passe difficile en ce début de saison 2025 avec KTM. Le prodige murcien, après une année rookie éclatante en 2024 (6e au général, 9 podiums), n’arrive plus à concrétiser : chute en Thaïlande, 8e en Argentine, et un zéro à Austin après un nouveau crash. Avec seulement 16 points en trois courses, Acosta stagne à la 10e place au championnat, loin des attentes placées en lui. Cette spirale de contre-performances met à rude épreuve sa relation avec KTM, déjà fragilisée par des tensions internes et un développement technique au point mort. Irréconciliables ? Le spectre d’une rupture plane.
Pedro Acosta est en train de découvrir l’autre visage du MotoGP. Celui où le talent brut ne suffit pas, où les frustrations s’accumulent et où le potentiel reste enfermé dans une machine qui ne répond pas. Après trois Grands Prix en 2025, le prodige espagnol peine à décoller. Et la relation avec KTM commence à montrer de sérieux signes de fatigue.
Les résultats sont absents. Les chutes s’enchaînent. Et surtout, la progression semble à l’arrêt. Une dynamique d’autant plus préoccupante que Pedro Acosta, dès sa première saison, avait prouvé qu’il pouvait jouer dans la cour des grands. Mais depuis le début de l’année, rien ne fonctionne comme prévu, et les nerfs commencent à lâcher.
Selon Oscar Haro, les tensions vont au-delà du simple mal-être passager : « je sais que même Dani Pedrosa n’est pas d’accord avec KTM et la façon dont Pedro Acosta dirige le projet », confie l’ancien directeur sportif de LCR Honda sur motosan. Une déclaration qui, si elle se confirme, en dit long sur le climat dans le camp orange.
Pedro Acosta-KTM : le problème n’est peut-être plus la moto, mais la confiance mutuelle
Pedro Acosta lui-même n’a jamais caché son impatience. Ambitieux, déterminé, il sait qu’un pilote a une fenêtre de tir réduite pour viser un titre mondial. Et il sait surtout qu’avec le bon matériel, il a les moyens d’y parvenir. Or, aujourd’hui, il ne semble plus croire que KTM puisse lui offrir cet outil.
Psychologiquement, la pression monte. Sur la piste, le ton du jeune Espagnol a changé. Moins joueur, plus tendu, plus direct dans ses critiques. Son manager, Albert Valera, affirme qu’il n’y a pas de discussions en cours avec d’autres marques. Mais dans le paddock, personne ne semble vraiment croire à cette version. Car en MotoGP, les ruptures ne se font jamais au dernier moment — elles se préparent longtemps à l’avance, dans le silence des couloirs.
Le test privé de Jerez, que Pedro a déjà désigné comme « le jour le plus important de la saison« , pourrait bien être décisif. Mais dans un projet KTM qui semble paralysé, sans évolution technique majeure, le problème n’est peut-être plus la moto, mais la confiance mutuelle. Et celle-ci paraît désormais bien entamée. Acosta-KTM : encore un pari à sauver, ou une séparation annoncée ? Le temps presse, et Pedro le sait mieux que personne.