Alex Rins avait tout pour briller au Grand Prix des Amériques 2025. Austin, son jardin texan – victoires en Moto3 (2013), Moto2 (2016), et MotoGP (2019 avec Suzuki, 2023 avec LCR Honda) –, semblait l’endroit idéal pour enfin lancer sa saison avec Yamaha. Mais rien n’y fait : même sur cette piste fétiche, le Catalan finit 11e, loin des éclairs de génie qu’on lui connaissait. En cette deuxième année avec la M1, Rins reste englué dans une spirale frustrante, incapable de retrouver son mojo, et ça commence à inquiéter sérieusement.
Le Circuit des Amériques est l’un des jardins de Marc Marquez, mais il l’est aussi, historiquement, pour Alex Rins. Pourtant, même sur l’une de ses pistes fétiches, le pilote espagnol n’a pas réussi à faire la différence le week-end dernier. Et c’est inquiétant.
Rins connaît Austin par cœur. Il y a gagné en Moto3 en 2013, en Moto2 en 2016, et a signé deux victoires en MotoGP. La plus mémorable reste sans doute celle de 2019 : après la chute de Marquez alors leader, beaucoup pensaient voir Valentino Rossi triompher. Mais c’est Rins, calme et incisif, qui s’est imposé sur la ligne avec le regrettée Suzuki. En 2023, il avait récidivé, cette fois avec la LCR Honda. À ce jour, cette victoire reste la dernière pour Honda en MotoGP.
Mais cette époque semble lointaine. Depuis sa grave blessure au Mugello en 2023, Rins n’a jamais vraiment retrouvé sa dynamique. Il affirme que sa jambe ne le gêne plus, mais les résultats ne suivent pas. Sa première saison avec Yamaha a été timide, et ce début de seconde année laisse déjà un goût amer.
Austin aurait dû être un tournant, ou au moins une éclaircie. Pourtant, le pilote Yamaha n’a jamais semblé en mesure de jouer les premiers rôles. Victime d’un contact dès le premier tour de la course, il s’est retrouvé en queue de peloton avant de remonter péniblement jusqu’à la onzième place. Une remontée courageuse, certes, mais sans éclat. Et surtout, sans le moindre moment fort tout au long du week-end.
Alex Rins : « je n’arrive pas à appliquer mon style de pilotage »
Le contraste avec Fabio Quartararo, auteur d’une belle performance en Sprint, et même avec Jack Miller, qui a montré de belles choses avec la M1, est saisissant. Rins lui-même ne cache pas ses difficultés : « je roule cette moto depuis un an et quelques mois, mais je ne la maîtrise pas encore. Je n’arrive pas à appliquer mon style de pilotage. »
Et c’est bien là le problème. Car malgré son architecture quatre cylindres en ligne, la Yamaha n’est pas la Suzuki qu’il connaissait si bien. Le style coulé et précis de Rins semble en décalage avec ce que demande la M1. Il reconnaît que Quartararo est plus incisif au freinage, là où lui peine à faire la différence. Et si Miller s’en sort mieux, c’est peut-être parce qu’il est plus agressif, plus adaptable sur les phases critiques.
Yamaha, de son côté, continue de chercher. De nombreux réglages ont été testés à Austin pour tenter d’adapter la moto au style de Rins. Mais après plus d’une saison complète, aucun réglage optimal n’a encore été trouvé. Et ça commence à poser question.
Malgré tout, Yamaha a prolongé son contrat jusqu’à fin 2026. Un signe de confiance, justifié par le calme et la capacité d’analyse technique du pilote. Chez Suzuki, il avait été un élément central du retour au sommet. Beaucoup pensent même que sans sa blessure à Jerez en 2020, c’est lui – et non Joan Mir – qui aurait été sacré champion du monde.
Rins est un pilote intelligent, précis, capable de coups d’éclat. Il l’a prouvé contre Marquez à Silverstone, il l’a confirmé à Valence lors du chant du cygne de Suzuki, et bien sûr avec sa victoire pour LCR. Mais depuis qu’il est chez Yamaha, il est méconnaissable.
Peut-être que le retour prochain de Miguel Oliveira – un autre pilote réputé pour sa finesse et son sens technique – permettra d’avoir une meilleure lecture des problèmes de la M1. Pour l’instant, Rins continue de chercher, mais le temps presse. Et les promesses d’un rôle central dans le redressement de Yamaha restent, pour l’instant, lettre morte.
Course MotoGP GP des Amériques : classement
Classement général MotoGP après Austin :