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Si vous ne vous sentez pas de regarder les 8 heures de Suzuka en direct cette nuit de 4h30 à 12h30, cet article est fait pour vous, puisqu’il sera actualisé en direct avec les faits marquants, tout au long de la finale du championnat du monde d’endurance.

En attendant le départ, rappelons-nous ce qui s’est passé l’année dernière (voir en détail les parties 1, 2, 3 et 4).


2018 : Lors des essais, Jonathan Rea avait établi un nouveau record en qualification en 2’05.168 au guidon de la Kawasaki, venant effacer celui inscrit par Pol Espargaro sur la Yamaha en 2015 en 2’06.000.

Lors de la Superpole baptisée Top 10 Trial, le pilote Kawasaki confirmait sa vitesse et s’emparait de la pole position devant la Honda #33 officielle et une Yamaha #21 dépourvue de son pilote de pointe, Katsuyuki Nakasuga, blessé lors de la dernière séance d’essais.

Sans doute plus important, le résultat des qualifications, basé sur la moyenne des 3 pilotes de chaque machine, nous présentait déjà un panorama très similaire à celui de cette année, avec la Kawasaki #11 et la Yamaha #21 détachées devant la Honda #33 et la Suzuki #12…

Au départ lancé sur une piste mouillée des séquelles du typhon Jongdari , la Honda #33 s’empare toutefois du commandement dès les premiers virages alors que Randy de Puniet chute brièvement dans le 2e tour.

La Honda #33 essaie tout de suite d’espacer ses ravitaillements au maximum, ce qui lui nuit durant la première heure puisque les autres pilotes s’arrêtent avant… et passent des slicks !

À la fin de la 2e heure, la Suzuki entreprend une remontée après sa chute avec Sylvain Guintoli, pendant que la Yamaha et la Kawasaki roulent de concert, 17 secondes devant la Honda.

Lors des 2 heures suivantes, la Honda essaie de refaire son retard et bénéficie même de la perte de temps d’un Jonathan Rea qui a essayé d’allonger son relais et revient en roue libre dans la pit-lane…

Durant la première partie de la 5e heure, l’élément important est que la Kawasaki ne semble plus vraiment en mesure de suivre le rythme de ses 2 adversaires. On a parlé d’un problème d’affichage de tableau de bord qui pourrait empêcher de changer de cartographie en fin de relais.

Quoi qu’il en soit, la numéro 11 décroche peu à peu aux mains de Leon Haslam et possède une quarantaine de secondes de retard quand, après 4h45 de course, les drapeaux annonçant l’arrivée de la pluie sont agités : la Kawasaki #11 se voit alors reléguée avec la 2e voiture de sécurité, à plus d’une minute des 2 premiers, puis à un tour quand, la course relancée, une nouvelle voiture de sécurité sort à cause d’huile répandue sur la piste.

La Honda #33 profite de ces tours au ralenti pour ne pas ravitailler tandis que la pluie redouble d’intensité alors que les motos sont toujours en slicks… et que Jonathan Rea chute au ralenti, sous voiture de sécurité !

A la reprise, après une nouvelle heure passée derrière la voiture de sécurité, la Honda #33 pilotée par PJ Jacobsen concède peu à peu mais régulièrement du terrain sur la Yamaha #21.
Celle-ci porte son avance à plus d’une trentaine de secondes et ravitaille après 167 tours.
On monte des slicks sur la R1 et Alex Lowes en reprend le guidon. La Honda #33 passe alors provisoirement en tête mais elle ne possède que 13 secondes d’avance sur la Yamaha et ne semble pas en mesure d’économiser un ravitaillement : une 4e victoire consécutive semble se dessiner pour le constructeur d’Iwata…

Et elle se concrétise pour la 4e fois consécutive, avec une avance de 30 secondes sur la Honda, au bout de 199 tours. Avec seulement Alex Lowes et Michael van der Mark à son guidon !


En 2019, bien des points paraissent similaires à ceux de l’an dernier, à commencer par les restes d’un typhon et le duo Yamaha-Kawasaki assez nettement en tête aux qualifications.

Mais, on le sait bien l’histoire ne commet que rarement des répétitions et, avant même le départ de la course, un exemple nous en est donné avec l’annulation du Top 10 Trial et la pénalité infligée à l’une des prétendantes à la victoire, la Honda du team MuSASHi RT HARC-PRO qualifée 4e et pilotée par Dominique Aegerter, Ryo Mizuno et Xavier Fores.

Le YART a chuté ce matin au warm up et partira avec le mulet.

Pour le reste, voici l’ordre de départ:

1 21 YAMAHA FACTORY RACING TEAM NAKASUGA Katsuyuki * LOWES Alex VAN DER MARK Michael Yamaha EWC  2:06.619 –
2 10 Kawasaki Racing Team Suzuka 8H HASLAM Leon RAZGATLIOGLU Toprak REA Jonathan * Kawasaki EWC  2:06.633 +0.014
3 33 Red Bull Honda TAKAHASHI Takumi * KIYONARI Ryuichi BRADL Stefan Honda EWC 2:07.106 +0.487
4 12 YOSHIMURA SUZUKI MOTUL RACING GUINTOLI Sylvain KAGAYAMA Yukio * WATANABE Kazuki Suzuki EWC 2:07.187 +0.568
5 7 YART – YAMAHA PARKES Broc * FRITZ Marvin CANEPA Niccolò Yamaha EWC 2:07.309 +0.690
6 1 F.C.C. TSR Honda France HOOK Josh * FORAY Freddy DI MEGLIO Mike Honda EWC 2:07.478 +0.859
7 090 au . Teluru SAG RT AKIYOSHI Kosuke * NAGASHIMA Tetsuta HADA Taiga Honda EWC 2:07.916 +1.297
8 95 S-PULSE DREAM RACING . IAI BRIDEWELL Thomas RAY Bradley Suzuki EWC 2:08.311 +1.692
9 19 KYB MORIWAKI RACING TAKAHASHI Yuki * KOYAMA Tomoyoshi HERFOSS Troy Honda EWC 2:08.758 +2.139

4h30:

Ciel plutôt dégagé mais piste complètement sèche et températures de 31° dans l’air et 48° sur la piste sont les conditions qui attendent les 67 équipages pour ces 8 heures de Suzuka 2019.

Dès le tour de chauffe, la Honda #090 (au・Teluru SAG RT) part à la faute avec Tetsuta Nagashima.

Au baisser du drapeau, la Suzuki #95 du S-Pulse Dream Racing emmenée par Bradley Ray prend le commandement avant d’être dépassée dans le premier tour par la Honda #1 du F.C.C. TSR Honda France pilotée par Josh Hook et la Yoshimura Suzuki #12 aux mains de Sylvain Guintoli.

Après une demi-douzaine de tours, 6 motos se détachent du peloton : la Suzuki #12 (Sylvain Guintoli), la Honda #1 (Josh Hook), la Yamaha #21 (Katsuyuki Nakasuga), la Kawasaki #10 (Leon Haslam), la Honda #33 (Takumi Takahashi) et la Yamaha #7 (Niccolo Canepa) pendant que la Honda #111 part à la faute aux mains de Yonny Hernandez.

Une première Safety Car intervient après 25 minutes de course suite à la chute de la Kawasaki numéro 17.

Si cela permet simplement un regroupement des 12 machines de tête derrière la première voiture, la 2e voiture de sécurité prend la piste entre la Suzuki #2 de Gregg Black et la Kawasaki #11 de Erwan Nigon, handicapant cette dernière d’un demi-tour alors que les 2 motos jouent le titre mondial…

A près 13 minutes au ralenti, les motos repartent, sous la direction de Sylvain Guintoli.

Alan Techer (Honda #96 team Frontier)  part à la faute et Xavier Siméon fait de même au guidon de la Yamaha #333.

À l’approche de la première heure, la Kawasaki #11 d’Erwan Nigon inaugure la salve des ravitaillements et repart aux mains de Jérémy Guarnoni.

En tête, on se tient toujours par la barbichette sur un rythme relativement lent en 2’10…

Classement 1e heure:

Dès l’entame de la 2e heure, après 27 tours, la Yamaha #7 du YART ravitaille et repart avec Marvin Fritz.

La FCC Honda #1 et la Suzuki #12 continuent encore 2 tours de plus avant de s’arrêter, pendant que la Yamaha #21, la Honda #33 et la Kawasaki #10 poursuivent leur chemin…

Au final, la Yamaha #21 s’arrête après 30 tours alors que la Honda #33 et la Kawasaki #10 (une dizaine de seconde derrière) continuent…

La Kawasaki s’arrête après 32 tours et repart avec Jonathan Rea, la Honda continue… et ravitaille après 33 tours: avec une telle consommation réduite, elle pourra peut-être faire un ravitaillement de moins sur la durée de la course…

Une fois tous les ravitaillements effectués, la course présente la physionomie suivante: la Honda #33 et la Yamaha #21 ensemble, une demi-douzaine de secondes devant la Kawasaki #10 et la Honda #1, puis la Suzuki #12 et la Yamaha #7 à une petite vingtaine de secondes.

Avec les positions actuelles, le SERT serait titré.

Alew Lowes s’empare du commandement par l’extérieur après une heure et demie de course. Le Britannique tourne en 2’07.5 contre 2’08 pour Stefan Bradl sur la Honda.

Jonathan Rea attaque mais parvient difficilement à réduire l’écart avec le duo de tête, tandis que Dominique Aegerter figure à 1’32 de la Yamaha de tête après être parti 1’30 derrière : on regrette vraiment cette pénalité car la Honda #634 avait les moyens de figurer au premier plan.

Classement 2e heure:

Après 2 heures et 9 minutes de course, Jonathan Rea parvient à prendre le commandement, juste avant que la Yamaha ne ravitaille et ne reparte avec Michael van der Mark.

La Kawasaki s’arrête un tour plus tard et repart avec Leon Haslam: on se dirige vers une course à deux, sur la #10.

Sans surprise, la Honda continue avant de s’arrêter après 62 tours : on mise probablement sur seulement 6 arrêts au total, contre au moins 7 à la concurrence…
Takumi Takahashi reprend le guidon (même stratégie que Kawasaki) et retrouve Leon Haslam et Michael van der Mark sur la piste.

Cerise sur le gâteau, Takumi Takahashi reprend dans la foulée le commandement à la Kawasaki et réalise le meilleur temps en course : en quelques minutes, la machine phare de Honda a dévoilé ses armes et s’affiche dorénavant comme LA moto à battre !

Takumi Takahashi ne relâche pas son effort et se constitue une avance de 7 secondes sur le duo Kawasaki-Yamaha avant la fin de la 3e heure.

Classement 3e heure:

L’avantage de la Honda #33 se porte à 10 secondes avant les ravitaillement des hommes de tête inaugurés par la Yamaha #21 et la Kawasaki #10 après 86 tours. Katsuyuki Nakasuga et Jonathan Rea en reprennent les guidons.

Pendant ce temps, Erwan Nigon chute sur la Kawasaki #11 et voit s’estomper les espoirs de titre mondial.

Impressionnante, la Honda #33 ravitaille après 91 tours, soit 5 de plus que ses principaux adversaires.

A son retour en piste, malgré quelques secondes perdues durant l’arrêt, elle compte 6 secondes d’avance sur la Kawasaki de Jonathan Rea et la Yamaha de Katsuyuki Nakasuga.

Ces 2 motos tournent juste sous la barre des 2’08 tandis  que Stefan Bradl est en 2’09:  l’écart se réduit donc au fil des tours et la jonction est faite au passage des 100 tours, le duo reléguant immédiatement la Honda du pilote allemand en 3e position ! Celui-ci est-il finalement assez décevant ou a-t-il des consignes pour économiser du carburant ?

A l’inverse, Jonathan Rea maintient son effort et arrive même à décrocher légèrement la Yamaha #21 à la mi-course.

Wataru Yoshikawa, manager de l’équipe Yamaha: « Nakasuga suivait Rea tout en essayant d’économiser le carburant. Il a atteint ces deux objectifs, donc je suis sûr qu’il est fatigué. Il a fait un excellent travail. Je pense que ce relais a été déterminant pour notre course.  »

Classement 4e heure:

Après 113 tours, Jonathan Rea s’arrête ravitailler et laisse le guidon à Leon Haslam.
Katsuyuki Nakasuga fait de même un tour plus tard avec Alex Lowes alors que Stefan Bradl le fait après 119 tours avec Takumi Takahashi.

Il se confirme donc que les équipes leaders feront, au moins majoritairement, la course à deux.

Takumi Takahashi entreprend de refaire son retard, ce qu’il réussit en commençant par doubler Alex Lowes.

A la fin de la 5e heure, il est dans la roue de la Kawasaki…

Classement 5e heure:

La Honda prend le commandement dans la foulée, avant même les ravitaillements. Quelle que soit l’issue de la course, Honda pourra dire merci à Takumi Takahashi !

A l’issue des ravitaillements la #10 (Rea), la #21 (van der Mark) et la #33 (Bradl) sont groupées en 3 secondes.

La Honda #111 connaît des problèmes techniques (électronique ?).

Comme lors de son relais précédent, Stefan Bradl ne soutient pas tout à fait le rythme de ses adversaires et concède 8 secondes à Jonathan Rea.

Pour le titre, les choses sont serrées entre la Suzuki du SERT et la Kawasaki SRC, actuellement 9e et 14e…

Classement 6e heure: (Live en panne)

En fin de relais, Stefan Bradl retrouve un second souffle et reprend le commandement à la Yamaha quand la Kawasaki ravitaille.

Avant de ravitailler, toujours en dernier, la Honda possède 45 secondes d’avance sur la Kawasaki et 1’11 sur la Yamaha d’un van der Mark qui a eu un peu de mal à finir son relais. A son retour en piste, elle s’intercale 11 secondes derrière la Kawasaki (Haslam) et 11 secondes devant la Yamaha (Nakasuga) qui a connu un soucis lors de son ravitaillement.

L’avantage que possède Leon Haslam se réduit doucement au fil des tours sur la Honda de Takahashi et la jonction se fait dans le 188e tour, 5 minutes avant l’entame de la dernière heure. Le changement de leader se fera un tour plus tard.

De la même façon, la tension est palpable pour le titre mondial !

Classement 7e heure: (Live en panne, 6h55)

55 minutes avant le drapeau à damier, Leon Haslam laisse le guidon de la Kawasaki à Jonathan Rea

Takumi Takahashi ravitaille après 197 tours mais double son relais et repart avec 3 secondes d’avance.

La Yamaha ne paraît plus pouvoir s’imposer, une vingtaine de secondes derrière avec Alex Lowes

La nuit arrive et la pluie est annoncée possible pour la fin de course…

Malgré un réservoir plein et des pneus de course, Jonathan Rea tourne incroyablement en 2’06 et ne fait qu’une bouchée de la Honda à 38 minutes de l’arrivée.

Rien n’est joué pour autant et le leader évite un concurrent qui chute sur un échappement…

Les tribunes s’enflamment…

A une demi-heure du final, les jeux paraissent presque faits…

… mais des gouttes de pluie font leur apparition !

On prépare les pneus pluie: qui va les utiliser ?

Tout le monde sert les fesses et personne ne s’arrête. Takumi Takahashi perd du terrain et se fait rattraper par Alex Lowes qui profite de ces conditions délicates pour doubler le vaillant Japonais à 17 minutes du but.

Freinages appuyés sur la Kawasaki…

Dénouement incroyable pour le titre mondial, la Suzuki du SERT explose son moteur à 5 minutes de l’arrivée alors qu’elle allait être titrée ! Quelle tristesse pour Dominique Meilland qui faisait ici sa dernière course !

Dans le tour suivant, Jonathan Rea glisse probablement sur l’huile laissée par la Suzuki et chute !

La course est arrêtée quelques secondes avant son terme.

Le team Kawasaki SRC est déclaré champion du monde 2018/2019. 

Pour la victoire aux 8 heures de Suzuka, on attend la décision des officiels …

A la surprise générale, sans doute parce qu’elle n’a pas pu rallier l’arrivée, la Kawasaki n’est pas classée et la Yamaha est déclarée vainqueur ! 5e victoire consécutive d’Iwata, mais, forcément, pas la plus belle.

Grand respect à tous ces hommes et une grosse pensée à ceux qui ont les boules en ce moment…

Que l’endurance est cruelle !